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Collèges : les tarifs de cantine augmenteront en 2009

Sandrine Binet (avec Nicolas Jacquard) | Le Parisien | 20.10.2008

C’EST un sujet sensible. Surtout en pleine crise économique, alors que les familles s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat. Aujourd’hui, en assemblée départementale, les conseillers généraux vont décider d’augmenter les tarifs des cantines des collèges essonniens en 2009. Un bond de 5,15 % en moyenne, mais qui touchera les établissements de manière très disparate.

Car le conseil général a un objectif : harmoniser les tarifs dans les 100 collèges du département. Aujourd’hui, les prix des repas varient de près de 1,40 €. La cantine la moins chère, au collège Jean-Zay de Morsang-sur-Orge, facture 2,14 € le repas. La plus chère, au collège Pierre-de-Ronsard de Paray-Vieille-Poste, demande 3,50 € par menu. Tout ça pour un tarif moyen de 2,62 €. Pour Michel Berson, le président PS du conseil général, cette « inégalité de traitement » est « injuste ». Du coup, il a décidé que tous les collèges proposeraient un repas à… 3 €. Résultat, il va falloir augmenter les prix dans 94 établissements.

Objectif : harmoniser les prix

Dans 24 d’entre eux, la revalorisation sera modérée moins de 4 %. En revanche, pour 37 collèges, la note s’alourdira nettement, avec 6 à 10 % de hausse. Et pour cinq malchanceux, la facture sera carrément salée : 10 à 12,73 % de bonus. Pis, de nouvelles hausses sont déjà prévues pour les deux prochaines années, histoire de permettre à toutes les cantines d’atteindre les fameux 3 € en 2011. Le collège Paul-Eluard, à Sainte-Geneviève-des-Bois, verra ainsi ses tarifs grimper de 10,2 % en 2009, encore 10 % en 2010 et 9,9 % en 2011 !

Une flambée des prix qui fait bondir l’opposition, qui dénonce une « uniformisation par le haut ». « Harmoniser, je veux bien, mais il faudrait diminuer les prix qui peuvent l’être, et augmenter ceux qui doivent l’être ! plaide Jean-Pierre Delaunay, patron du groupe UMP au conseil général. Cela devrait se faire sur cinq ans et se limiter à + 3 % par an. » Et Christian Schoettl, responsable des non-inscrits de droite, d’enfoncer le clou : « La gauche a un double discours : elle hurle après la situation économique des ménages et augmente les impôts et les tarifs des cantines. En clair, ils ont une main dans le portefeuille et un kleenex dans l’autre. »

Des attaques dont se défend Michel Berson, qui souligne que les familles les plus aisées payeront, au pire, 90 centimes de plus par repas. « En Essonne, la moitié des collégiens bénéficient d’aides à la restauration scolaire, qui ramènent le prix du repas à 1 ou 2 €. Pour les enfants d’érémistes, c’est même gratuit. Il n’y aura pas d’incidence sur le pouvoir d’achat », promet l’élu PS. Des arguments qui ne semblent pas convaincre l’opposition, qui a décidé de batailler sur le sujet lors de la séance publique.