L’office HLM d’Antony est épinglé pour ne pas avoir assez logé de pauvres

Bertrand Bissuel| lundi 11 août 2008 | Le Monde

 

Pour Nicolas Sarkozy, les missions du logement social sont limpides : il doit « accueillir en priorité » ceux qui n’ont pas les moyens de trouver un toit « par le libre jeu du marché ». Autrement dit, les plus pauvres. Mais ce principe, rappelé le 11 décembre 2007 lors d’un déplacement dans la banlieue de Nancy, n’est pas suivi à la lettre dans certains organismes HLM – même lorsqu’ils sont rattachés à des collectivités locales tenues par l’UMP.

 

C’est ce qui ressort d’un contrôle effectué, il y a quelque mois, à l’office municipal d’Antony (Hauts-de-Seine) par la Mission interministérielle d’inspection du logement social (Miilos). Le « gendarme » du monde HLM s’est intéressé au profil des familles auxquelles ont été attribué un logement. Après analyse, il s’avère que certaines « catégories prioritaires » sont évincées, écrit la Miilos dans un document préparatoire à son rapport annuel. « Ainsi, en 2006, aucun demandeur en situation précaire vis-à-vis de l’emploi n’a été relevé alors qu’ils représentaient 13 % de la demande », rapporte-t-elle. De même, l’organisme accueille « très rarement » des personnes qui sortent d’une résidence sociale ou d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

 

D’après la Miilos, « l’implication de la commune sur la politique » de l’office est « forte ». « Son empreinte se fait sentir sur tout le processus d’accès au logement », constate-t-elle. Pas étonnant : le bailleur n’a pas de « contingent propre » (c’est-à-dire un certain pourcentage de logements pour lesquels il peut proposer des candidats). Il l’a « entièrement mis à disposition » de la municipalité, précise la Miilos, « ce qui n’est pas réglementaire ».

 

Cette situation n’est ni nouvelle ni spécifique à Antony, rétorque Jacques Legrand, maire adjoint chargé du logement et président de l’organisme. D’après lui, d’autres villes des Hauts-de-Seine ont, elles aussi, récupéré le contingent de leur office.

 

En matière d’attribution, l’élu tient à rappeler combien l’exercice se révèle difficile. Seules 60 à 70 habitations se libèrent chaque année (sur les quelque 1 350 appartenant à l’office) alors que la demande, elle, est très importante : « En 2007, j’ai reçu 835 personnes qui étaient à la recherche d’un logement », indique M. Legrand. Certaines d’entre elles refusent les propositions qui leur sont faites, lorsque l’appartement se situe dans un quartier « un peu difficile ».

 

Enfin, l’office n’est pas aussi sélectif que l’affirme la Miilos. Il accueille, chaque année, « au moins cinq à six ménages » en grande difficulté, assure M. Legrand, en citant l’exemple d’une dame qui dormait dans un véhicule stationné sur un parking.

 

 

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